Lutte contre le « slut shaming »

reseaux sociauxUn nouveau phénomène se répand dans les réseaux sociaux. Il consiste à rabaisser ou à culpabiliser une femme considérée comme trop « sexuelle ». C’est là une nouvelle forme de harcèlement psychologique apparentée au « happy slapping » que le parlement de Fédération Wallonie-Bruxelles a déjà souvent évoqué, notamment en commission de la Culture ou de l’Éducation. C’est en tout cas un mauvais usage du web.

Face à ce constat, j’ai interpellé la Ministre de la Jeunesse, Madame Evelyne Huyrebroeck sur le sujet.

Madame la Ministre, le phénomène de « slut shaming » peut-être résumé comme suit : Une jeune fille est considérée comme trop provocante par ses camarades. Il suffit d’une photo postée sur les réseaux sociaux accompagnée de commentaires dégradants et la machine s’emballe : insultes, humiliations publiques en lien avec sa tenue vestimentaire ou son comportement. C’est une véritable forme de harcèlement psychologique aux conséquences dramatiques : changement d’école, dépression, voire suicide.

La Fédération Wallonie-Bruxelles n’est pas en reste en matière d’éducation aux médias. Nous avons souvent l’occasion de le démontrer. Par ailleurs, Mme la ministre Simonet a déjà répondu à des questions sur le cyber-harcèlement en milieu scolaire. Tout laisse cependant penser que ce phénomène ne s’arrête pas aux portes de l’école mais qu’il peut toucher tous les jeunes dans toutes leurs activités sociales.

Comment aborder cette nouvelle tendance de « slut shaming » ? Que fait-on dans le secteur de la jeunesse pour éviter le développement de cette forme de harcèlement ? Peut-on mesurer l’ampleur du phénomène dans la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Quel rôle peuvent ou pourraient jouer les centres d’information pour lutter contre ce type de harcèlement et sensibiliser les jeunes aux risques de tels comportements dénigrants ? La Fédération Wallonie-Bruxelles dispose-t-elle d’outils suffisants ? Comment utiliser ce qui existe pour contrer le cyber-harcèlement entre jeunes en général?

Mme Évelyne Huytebroeck, ministre de la Jeunesse. – Nous sommes tous indignés par toute forme de harcèlement ou de déni des libertés individuelles. Plusieurs campagnes comme « Touche pas à ma pote » visent à combattre toute expression ou pratique dégradante contribuant à rabaisser une personne et en particulier, dans le cas qui nous occupe, les jeunes filles.

La mutation de l’univers des médias nous amène à un tournant dans l’histoire des relations humaines mais aussi dans la manière dont on doit aborder ces questions. Au travers de l’interactivité et de la mise en réseau sur le web, à un niveau qui dépasse le quartier, la ville ou la région, chacun devient acteur de la communication médiatique et non plus uniquement consommateur. Il produit, organise et diffuse des messages textuels, sonores et visuels.

Le slut shaming est une des dérives de l’utilisation de l’internet. Il faut le considérer dans le cadre plus global de l’éducation aux médias et à une citoyenneté responsable. L’internet, nouvel espace d’expression et de « liberté », doit bien entendu être assorti d’une formation à l’exercice de ces nouvelles responsabilités. C’est notamment ce à quoi s’attèlent les organisations de jeunesse et les centres de jeunes dont les missions consistent à former des citoyens responsables, critiques et solidaires.

Certaines de ces associations travaillent sur l’éducation aux médias, sur les pratiques et attitudes à adopter lorsqu’on navigue sur la Toile ainsi que sur l’appropriation critique des médias et des réseaux sociaux à travers leur utilisation dans des projets collectifs. Je suis tout à fait convaincue des effets préventifs que peuvent avoir ces initiatives sur les comportements de dénigrement et sur les atteintes à autrui qui peuvent se manifester par l’intermédiaire d’internet. Je pense notamment à celui dont nous parlons aujourd’hui.

Par ailleurs, le Conseil supérieur de l’éducation aux médias se penche actuellement sur les réseaux sociaux et se propose de produire un référentiel pédagogique avant la fin du premier semestre.

Il s’agit d’une contribution qui permettra d’informer les acteurs de l’éducation et de gérer de la manière la plus appropriée les conduites problématiques. Il est actuellement impossible d’évaluer l’ampleur du slut shaming dans le secteur de la jeunesse. Nous ne disposons pas de statistiques ou de relevés dans ce domaine. Mes services et mon cabinet n’ont pas reçu de plainte directe ou d’interpellation à ce sujet. Nous devons toutefois rester vigilants. Si une plainte est déposée pour harcèlement sur les réseaux sociaux, il faudra peut-être vérifier, avec la ministre de l’Intérieur, les mesures possibles qui iraient au-delà de l’information et de l’éducation à la citoyenneté et aux médias.

Mme Savine Moucheron.Ce type de harcèlement est préoccupant. L’imagination redouble de créativité pour la mauvaise utilisation du web. Je rêve, moi aussi, d’un monde où tous les jeunes seraient des citoyens responsables.

Je vous rejoins, madame la ministre, sur l’importance de la prévention. Nous devons agir en amont et travailler sur l’éducation et l’accompagnement aux médias et au web. Certains oublient parfois qu’une personne en chair et en os se trouve derrière chaque écran et ils ne se rendent pas compte des conséquences dramatiques d’un tel harcèlement.

Nous ne pouvons pas prendre le phénomène à la légère et nous devons rester attentifs à ces situations auxquelles les jeunes sont confrontés au quotidien.

Advertisements

A propos Savine Moucheron

Fille et petite-fille de Montois, je suis ce qu'on appelle une « Montois cayaux ». Ma famille est investie de longue date dans le folklore montois et se transmet de génération en génération ce goût de la tradition. Il y a 12 ans, dans la continuité de mes engagements dans le monde associatif depuis toute petite, je me suis lancé un défi: la politique! Lors des élections de 2006, vous m’avez élue Conseillère Communale et je suis devenue chef de groupe du cdH montois. Bien que dans l’opposition, ce siège m'offre la possibilité d'intervenir concrètement en faveur de l'amélioration de la qualité de vie des Montois même si nous ne sommes pas toujours entendus ! Il me permet ainsi de jouer les garde-fous par rapport aux desseins d'une majorité dont nous avons souvent mis en avant la démesure et l'inadéquation. Il me permet également de devenir le porte-parole de citoyens désappointés par la politique locale en matière de culture, de propreté, d'emploi, de logement, d'éducation ou de mobilité. Depuis décembre dernier je suis devenue Députée Wallonne. Cette fonction m’offre un levier supplémentaire pour relayer et défendre les priorités que nous partageons. Maman de trois enfants, j'ai aussi choisi de m'investir au cdH parce que que mon parti a réellement mis le doigt sur le véritable enjeu de notre société : vous et moi, en tant qu'individus ! Le cdH est en avance sur son temps et a définitivement laissé derrière lui les vieux combats. Au cdH, chacun a sa place: une maman, un indépendant, un allocataire social, un PDG, un enseignant, un fonctionnaire, un immigré, un enfant,... Le projet de l'humanisme démocratique est généreux et responsable ! Ses deux piliers fondateurs sont mes valeurs: Solidarité et Responsabilité.
Cet article, publié dans Députée, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s