Risques peu connus des pilules de troisième génération

pilule contraceptive

Une plainte a été déposée par une jeune femme française estimant que l’accident vasculaire cérébral dont elle a été victime était dû à l’utilisation d’une pilule de troisième génération. Cet événement a mobilisé les autorités françaises de la Santé et a fait ressurgir une polémique récurrente.

Suite à cette actualité, le 5 février dernier, j’ai interpellé la Ministre de la Santé, Madame Fadila Laanan sur les risques peu connus des pilules de troisième génération.

Voici mon interpellation:

Les pilules dites de troisième génération, comme celle de quatrième génération, plus faiblement dosée en progestatifs, ont été créées pour diminuer les effets secondaires bénins indésirables liés à la prise de pilules de première et deuxième générations. Ces effets concernent principalement la prise de poids, l’apparition d’acné ou des problèmes de rétention d’eau.

Il apparaît cependant que ces pilules de troisième génération seraient responsables d’accidents vasculaires, de phlébites, voire d’embolies pulmonaires.

Elles continuent pourtant à être très régulièrement prescrites, et ce dès la puberté. En 2007, plusieurs alertes avaient ainsi amené la Haute Autorité de la santé à préconiser aux médecins de ne prescrire ces pilules qu’en cas d’intolérance aux pilules de seconde génération.

Le 11 janvier dernier, la ministre française de la Santé a annoncé des mesures pour limiter l’utilisation des pilules de troisième génération dans l’Hexagone et envisagé l’éventualité de les retirer du marché.

En Belgique beaucoup de jeunes filles prennent, parfois durant de nombreuses années, ce type de pilules dès la puberté pour régulariser le cycle menstruel ou réduire divers maux liés aux règles. En effet, si l’on considère que les menstruations commencent en moyenne à l’âge de 14 ans et qu’une femme a son premier enfant vers 29 ans, on arrive à 15 ans de prise de la pilule contraceptive, souvent de troisième génération.

Bien que la législation sur les médicaments relève du gouvernement fédéral, il me semblait utile de vous interroger sur la sensibilisation aux risques d’une utilisation trop rapide de certains types de pilules (c’est-à-dire sans passer par l’utilisation des pilules de première et deuxième génération).

Une nouvelle polémique sur une pilule anti-acnéique, nommé la Diane 35, est également apparue dans la presse la semaine dernière. Quel rôle la Fédération peut-elle jouer dans cette prise de conscience, notamment par le truchement de l’Evras et de l’action des centres de planning familiaux ?

Je ne souhaite absolument pas effrayer ou décourager les femmes qui prennent ces contraceptifs, mais je pense qu’il est important de faire toute la clarté sur leurs risques.

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Comme vous le précisez, la politique des médicaments est une compétence fédérale, exercée par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Elle englobe la mise sur le marché et la sensibilisation des médecins et du public aux effets indésirables des médicaments, dont la pilule de 3e génération. Il appartient donc à Mme Laurette Onkelinx, ministre fédérale de la Santé publique, d’informer et de sensibiliser les professionnels de santé. Elle a d’ailleurs décidé d’adresser, via l’AFPMS, une lettre d’information à tous les médecins généralistes, les gynécologues et les pharmaciens. Elle compte aussi travailler à mieux sensibiliser les femmes sur les risques réels liés à l’usage des pilules contraceptives et sur les alternatives existantes.

Comme la pilule est un médicament sous prescription médicale et que les actions d’information doivent être en priorité dirigées vers les médecins, il ne me paraît pas opportun de développer des actions spécifiques autour d’un médicament.

En revanche, il me semble indispensable d’inviter les médecins à évaluer le rapport risques-bénéfices pour chaque patiente, de rechercher les facteurs de risque de thrombose et d’assurer un suivi clinique, en particulier au cours de la première année de traitement. Ce rappel a été effectué par ma collègue Laurette Onkelinx.

Mme Savine Moucheron (cdH). – Je m’attendais à votre réponse. Si le problème relève effectivement de la compétence du gouvernement fédéral, il ne faut cependant pas le prendre à la légère.

Nous devons rester attentif à l’évolution de la situation et renforcer la prévention et l’accompagnement des jeunes filles, notamment dans les centres de planning familial.

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A propos Savine Moucheron

Fille et petite-fille de Montois, je suis ce qu'on appelle une « Montois cayaux ». Ma famille est investie de longue date dans le folklore montois et se transmet de génération en génération ce goût de la tradition. Il y a 12 ans, dans la continuité de mes engagements dans le monde associatif depuis toute petite, je me suis lancé un défi: la politique! Lors des élections de 2006, vous m’avez élue Conseillère Communale et je suis devenue chef de groupe du cdH montois. Bien que dans l’opposition, ce siège m'offre la possibilité d'intervenir concrètement en faveur de l'amélioration de la qualité de vie des Montois même si nous ne sommes pas toujours entendus ! Il me permet ainsi de jouer les garde-fous par rapport aux desseins d'une majorité dont nous avons souvent mis en avant la démesure et l'inadéquation. Il me permet également de devenir le porte-parole de citoyens désappointés par la politique locale en matière de culture, de propreté, d'emploi, de logement, d'éducation ou de mobilité. Depuis décembre dernier je suis devenue Députée Wallonne. Cette fonction m’offre un levier supplémentaire pour relayer et défendre les priorités que nous partageons. Maman de trois enfants, j'ai aussi choisi de m'investir au cdH parce que que mon parti a réellement mis le doigt sur le véritable enjeu de notre société : vous et moi, en tant qu'individus ! Le cdH est en avance sur son temps et a définitivement laissé derrière lui les vieux combats. Au cdH, chacun a sa place: une maman, un indépendant, un allocataire social, un PDG, un enseignant, un fonctionnaire, un immigré, un enfant,... Le projet de l'humanisme démocratique est généreux et responsable ! Ses deux piliers fondateurs sont mes valeurs: Solidarité et Responsabilité.
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