Les traces de pesticides dans l’eau de consommation

eau consommationLe 16 avril dernier, j’ai interpellé le Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire et de la Mobilité au sujet des traces de pesticides et de médicaments dans l’eau de consommation.

Monsieur le Ministre,

Selon une étude réalisée notamment par une association française de consommateurs, une bouteille d’eau minérale sur cinq recèlerait des traces de pesticides et de médicaments.
Cette eau serait ainsi contaminée directement par l’activité de l’homme exercée dans la zone de récolte des eaux.

La chambre syndicale française des eaux minérales affirme que ses propres contrôles n’ont rien décelés.
A l’heure où les différents scandales alimentaires notamment dans le secteur des plats préparés se sont fait jour et où se pose la question de la sécurité des aliments proposés sur le marché, la problématique soulevée par cette association pose inévitablement la question de la qualité de nos eaux de consommation.
M. le Ministre, qu’en est-il ?

Quel est la qualité de l’eau de distribution? Des traces de pesticides ou de médicaments sont-elles décelées ? Observe-t-on des différences manifestes entre les régions de captage ?
En 2011, vous annonciez une étude sur ce que l’on appelle désormais des polluants émergents. Ce programme de recherche devant porter sur les résidus de médicaments, sur la présence dans les eaux brutes et dans l’eau potable de plusieurs autres familles de substances dites émergentes et susceptibles d’affecter la santé humaine, tels les perturbateurs endocriniens (hormones, phtalates, bisphénol A, parmi d’autres), les antibiotiques d’usage vétérinaire, les stupéfiants, et cætera.
Cette étude est-elle bien en cours ? Si oui, des résultats ont-ils déjà été formulés
Quant aux eaux dites en bouteilles, des contrôles indépendants sont-ils fréquemment opérés sur celles-ci ?

D’avance, je vous remercie pour vos réponses

Réponse du Ministre P. HENRY

En ce qui concerne l’eau de distribution publique, une vigilance particulière est développée de la part des producteurs d’eau.

En ce qui concerne les statistiques concernant le dernier exercice disponible l’année 2011 durant laquelle
1 505 contrôles de pesticides ont été effectués pour 826 contrôles au minimum requis par la législation, des non conformités relatives aux pesticides représentaient 0,3 % des analyses non conformes sur l’ensemble des paramètres microbiologiques, chimiques ou indicateurs.
Elles demeurent donc rares et relativement bien maîtrisées par les distributeurs d’eau.

En ce qui concerne spécifiquement la qualité des eaux embouteillées, cela relève strictement des compétences fédérales.

Toutefois, en vertu de la Directive-cadre de l’eau, l’eau souterraine des principaux captages de Wallonie destinés à l’embouteillage d’eau minérale ou de source fait l’objet d’une analyse complète au minimum une fois tous les trois ans. Les résultats en ma possession, transmis par les producteurs, n’indiquent pas la présence de traces de pesticides.

En ce qui concerne l’étude relative aux polluants émergents, en date du 28 juin 2012, sur ma proposition, le gouvernement a marqué son accord quant à l’octroi d’une subvention à la SWDE pour la recherche de substances émergentes dans les eaux et intéressant la santé publique et l’environnement. Cette subvention permet ainsi l’acquisition par la SWDE d’un appareillage de haute résolution visant à doser les substances émergentes dans les eaux à des niveaux de concentration extrêmement bas. Le programme prévoit, d’une part, la mise au point des méthodes analytiques, le training de l’équipe de scientifiques, la mise au point d’un plan d’échantillonnage, la détermination des substances à rechercher, le traitement des données et les rapports intermédiaires et de synthèse.

Parmi ces substances à analyser figurent des molécules associées à des familles de médicaments, comme les hormones, les antibiotiques, les neuroleptiques, les anticancéreux, les antiparasitaires, les anti-inflammatoires, les cardiovasculaires et les molécules indicatrices comme la caféine.

Pour ce qui concerne les résultats attendus de cette large étude d’une durée de trois ans, ils feront l’objet de publications et de recommandations.

S’agissant de la problématique des eaux traitées rejetées par les stations d’épuration, il faut noter que les
processus épuratoires actuels permettent déjà d’abattre une partie de ce type de molécules via les mécanismes de dégradation, volatilisation, d’absorption et d’adsorption. L’impact de ces processus est cependant variable en fonction du type de molécule et du type de process.

Il me semble cependant important de rappeler que la meilleure mesure envisageable reste la réduction à la
source. En effet, à défaut, les traitements complémentaires qui devraient être mis en œuvre au niveau des stations d’épuration sont des traitements onéreux, au charbon actif, traitement membranaire, ou ozonation.

Réplique de la Députée S. MOUCHERON

Je remercie M. le Ministre pour cet état des lieux.

J’apprends, par rapport à l’étude, qu’elle fera l’objet d’une publication. Je ne sais pas si l’on a déjà un délai ou une projection dans le temps par rapport au résultat de l’étude.

Par ailleurs, au niveau des contrôles, quelque part c’est rassurant. Zéro virgule trois pour cent, c’est toujours de trop, si on se base de ce côté-là, mais j’entends en tout cas qu’elles sont bien maîtrisées. C’est
rassurant.

Si vous pouvez me donner à un moment donné un délai en ce qui concerne le résultat de l’étude, j’en serai
ravie.

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A propos Savine Moucheron

Fille et petite-fille de Montois, je suis ce qu'on appelle une « Montois cayaux ». Ma famille est investie de longue date dans le folklore montois et se transmet de génération en génération ce goût de la tradition. Il y a 12 ans, dans la continuité de mes engagements dans le monde associatif depuis toute petite, je me suis lancé un défi: la politique! Lors des élections de 2006, vous m’avez élue Conseillère Communale et je suis devenue chef de groupe du cdH montois. Bien que dans l’opposition, ce siège m'offre la possibilité d'intervenir concrètement en faveur de l'amélioration de la qualité de vie des Montois même si nous ne sommes pas toujours entendus ! Il me permet ainsi de jouer les garde-fous par rapport aux desseins d'une majorité dont nous avons souvent mis en avant la démesure et l'inadéquation. Il me permet également de devenir le porte-parole de citoyens désappointés par la politique locale en matière de culture, de propreté, d'emploi, de logement, d'éducation ou de mobilité. Depuis décembre dernier je suis devenue Députée Wallonne. Cette fonction m’offre un levier supplémentaire pour relayer et défendre les priorités que nous partageons. Maman de trois enfants, j'ai aussi choisi de m'investir au cdH parce que que mon parti a réellement mis le doigt sur le véritable enjeu de notre société : vous et moi, en tant qu'individus ! Le cdH est en avance sur son temps et a définitivement laissé derrière lui les vieux combats. Au cdH, chacun a sa place: une maman, un indépendant, un allocataire social, un PDG, un enseignant, un fonctionnaire, un immigré, un enfant,... Le projet de l'humanisme démocratique est généreux et responsable ! Ses deux piliers fondateurs sont mes valeurs: Solidarité et Responsabilité.
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