Plateforme de lutte contre le racisme en Fédération Wallonie-Bruxelles

Cette semaine, j’ai questionné la ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances sur la « Plateforme de lutte contre le racisme en Fédération Wallonie-Bruxelles »

Mme Savine Moucheron (cdH). – Madame la ministre, vous avez créé en mars 2012 la plateforme de lutte contre le racisme en Fédération Wallonie-Bruxelles. De vocation pluraliste et démocratique, cette plateforme s’appuie sur des valeurs universelles, elle est d’autant plus importante dans un contexte social où le racisme prend malheureusement de nouvelles formes dans tous les secteurs. Pilotée par Thierry Jacques et Eliane Deproost, avec l’aide du Service général de la jeunesse et de l’éducation permanente, elle réunit une série d’associations engagées dans la lutte contre le racisme.

Au début, ses membres ont éprouvé des difficultés à s’accorder sur une définition commune du racisme. Par la suite, vous nous avez indiqué que la plateforme n’avait pas pour vocation de définir le racisme. Son premier objectif est de rédiger un manifeste identifiant les valeurs et les principes généraux à partager.

Lorsque nous avons posé nos dernières questions sur le sujet voici un peu plus d’un an, un document d’orientation était en cours de discussion. Un plan d’action était également proposé et les échanges avaient débouché sur plusieurs projets d’actions d’éducation contre le racisme, de lutte contre les discriminations et de renforcement du rôle du secteur associatif dans ce domaine. On réfléchiissait aussi à l’élaboration d’une campagne de large envergure, commune aux associations de jeunesse et d’éducation permanente. Enfin, il était question d’un projet concret de lutte contre le racisme proposé par les animateurs de la plateforme.

Qu’en est-il du manifeste identifiant les valeurs et les principes généraux relatifs à la lutte contre le racisme ? Un plan d’action précis vous a-t-il été transmis ? Si oui, qu’en ressort-il ? La campagne de large envergure commune aux associations de jeunesse et d’éducation permanente a-t-elle été élaborée ? Le projet de lutte contre le racisme a-t-il été proposé ? Globalement, où en est le travail de la plateforme ? Quels seront ses prochains travaux ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des chances. – Le fonctionnement de la plateforme contre le racisme a connu deux phases. Un rodage d’abord, jusqu’avril 2013 : il n’a pas permis de dégager des lignes de force ou de susciter une dynamique d’action commune entre les associations. Un document politique a été rédigé et approuvé mais il est demeuré interne car insuffisamment précis.

La seconde phase a commencé avec les réunions des 21 juin et 30 septembre 2013. Ces rencontres, organisées à Bruxelles et à Namur, ont été marquées par un élargissement de la plateforme à de nouveaux acteurs comme les associations de migrants et de jeunesse, les syndicats ou les centres régionaux d’intégration.

Un groupe de travail sur la méthodologie, ouvert à tous les participants, a été institué pour réfléchir sur les deux premiers objets de travail. Il est constitué de représentants du Centre de médiation des gens du voyage, du Mrax, de Share, du CCLJ, du Monde des Possibles, du Cepag, du Moc et du CBAI.

Afin d’organiser et d’animer ces différentes journées, le groupe « Méthodologie » a fait appel à un partenaire extérieur qui est Athanor-médiations. En se basant sur les discussions menées en son sein cet été, la plateforme a identifié quatre enjeux clés de la lutte contre le racisme.

Le premier enjeu : le racisme est-il l’affaire de quelques-uns ou de tous ? Pour moi, c’est l’affaire de tous. On a évoqué ce matin dans les médias une étude montrant que le racisme est très présent en Belgique, c’est dramatique. Nous ne sommes donc pas très bien lotis.

Faut-il aborder la question du racisme et des inégalités sous l’angle socioéconomique ou sous l’angle de la culture et des convictions ? Faut-il interdire le port du foulard à l’école, dans la fonction publique et sur les lieux de travail ? Parler en termes de minorités ethnoculturelles contribue-t-il à produire plus d’égalité ou pas ? Un débat abordant ces questions a eu lieu le 30 septembre.

Deux sessions de débats sont organisées. La première, sur les enjeux de l’école, s’est tenue le 8 février. La seconde, sur la diversité de convictions, se tiendra le 15 mars. Ces débats de fond identifient les priorités communes aux associations partenaires. Les membres de la plateforme seront ensuite amenés à se prononcer sur la structuration de leur partenariat et la pérennisation des actions qu’ils entendent mener à l’avenir.

Mme Savine Moucheron (cdH). – La presse de ce matin titre sur les mauvais résultats de la Belgique dans la lutte contre le racisme. Cette plateforme n’en est donc que plus utile. Il faut certes prendre le temps de fixer des objectifs et cerner les enjeux mais il faut aussi prendre des mesures concrètes. Nous sommes tous impatients de voir ce travail porter ses fruits. Je reviendrai vous interroger après le 15 mars pour connaître les conclusions de cette journée, le plan de travail et les résolutions.

Publicités

A propos Savine Moucheron

Fille et petite-fille de Montois, je suis ce qu'on appelle une « Montois cayaux ». Ma famille est investie de longue date dans le folklore montois et se transmet de génération en génération ce goût de la tradition. Il y a 12 ans, dans la continuité de mes engagements dans le monde associatif depuis toute petite, je me suis lancé un défi: la politique! Lors des élections de 2006, vous m’avez élue Conseillère Communale et je suis devenue chef de groupe du cdH montois. Bien que dans l’opposition, ce siège m'offre la possibilité d'intervenir concrètement en faveur de l'amélioration de la qualité de vie des Montois même si nous ne sommes pas toujours entendus ! Il me permet ainsi de jouer les garde-fous par rapport aux desseins d'une majorité dont nous avons souvent mis en avant la démesure et l'inadéquation. Il me permet également de devenir le porte-parole de citoyens désappointés par la politique locale en matière de culture, de propreté, d'emploi, de logement, d'éducation ou de mobilité. Depuis décembre dernier je suis devenue Députée Wallonne. Cette fonction m’offre un levier supplémentaire pour relayer et défendre les priorités que nous partageons. Maman de trois enfants, j'ai aussi choisi de m'investir au cdH parce que que mon parti a réellement mis le doigt sur le véritable enjeu de notre société : vous et moi, en tant qu'individus ! Le cdH est en avance sur son temps et a définitivement laissé derrière lui les vieux combats. Au cdH, chacun a sa place: une maman, un indépendant, un allocataire social, un PDG, un enseignant, un fonctionnaire, un immigré, un enfant,... Le projet de l'humanisme démocratique est généreux et responsable ! Ses deux piliers fondateurs sont mes valeurs: Solidarité et Responsabilité.
Cet article a été publié dans Députée. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s