La position du Gouvernement wallon à propos des « fermes-usines »

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Question écrite à COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives

Fin août 2011, la population d’une petite commune de la Somme, en France, apprenait l’installation sur son territoire ainsi que celui de la commune voisine de la plus grande « ferme-usine » de France. Cet élevage laitier géant de 1 000 vaches laitières et 750 veaux, qui donne son nom au projet dit des «1000 vaches », est associé à un méthaniseur de puissance industrielle. Un projet hors normes, jamais vu en France ! Celui-ci ne manque pas de soulever une forte polémique au sein même des organisations agricoles françaises ainsi la Confédération paysanne française doit déposer un recours en urgence contre la mise en route de cette étable géante, jugée dangereuse pour l’environnement.
Mais le ministre de l’Agriculture français affirmait il y a peu « qu’il n’avait pas de «moyen direct» de limiter la taille de l’installation » – qui consiste donc en une stabulation des bêtes toute l’année- et ce même si ce projet ne correspond pas du tout à « son modèle d’exploitation »…
Ces bêtes enfermées, au régime alimentaire modifié pour produire au maximum, donneront très certainement du lait puis de la viande de piètre qualité. Pour les nourrir artificiellement, au lieu des pâtures favorables à leur bien-être et au bon équilibre général, il faudra sans aucun doute des aliments importés.
Il ne me semble pas incongru de nous interroger sur notre réaction si un projet de ce type devait voir le jour en Wallonie. Au travers de Code wallon de l’agriculture, adopté au printemps dernier, et des politiques d’aide apportées aux nouvelles exploitations, nous avons clairement fait le choix de favoriser une agriculture à taille humaine pourvoyeuse d’emplois et évoluant vers une agriculture respectant l’environnement.
Cette volonté a été réaffirmée dans la nouvelle Déclaration de politique régionale.
Nous nous devons de préserver un avenir plus respectueux de la nature et des hommes. Je poserai donc plusieurs questions à Monsieur le Ministre. Ce type d’exploitation existe-t-il déjà dans notre Région ? Si la France n’est pas en mesure de limiter la taille d’une exploitation, qu’en est-il en Wallonie ? Le Gouvernement wallon entend-il poursuivre sa politique en faveur d’une agriculture à taille humaine et orienter les aides vers ce type d’exploitations ? Le modèle des « 1000 vaches », même s’il ne récolte que peu de soutiens affichés, ne risque-t-il pas en France, comme en Belgique, de devenir celui vers lequel la Politique agricole commune (PAC) nous incite à nous tourner ? Avec la fin des quotas laitiers en 2015, ne pousse-t-on pas les producteurs de lait à l’agrandissement, à la modernisation, à des investissements sans limite qu’une croissance des marchés d’exports serait censée justifier ?

Réponse écrite du Ministre

Avec le Code wallon de l’agriculture, la Wallonie s’est engagée pour le soutien d’une  agriculture familiale et non une course effrénée au gigantisme.
L’agriculture familiale, ce sont des fermes dirigées et gérées par une famille qui en possède la majeure partie du capital.
La définition n’est donc pas liée directement à la taille de l’exploitation, mais cette dimension doit rester raisonnable pour permettre à une main d’œuvre principalement familiale de la gérer, aux capitaux familiaux de pouvoir disposer des facteurs de production et surtout pour rester transmissible de génération en génération.
Il n’y a pas en Wallonie de fermes gigantesques de ce type, le quota moyen actuel étant de 355.000 litres par exploitation. Seuls quelques producteurs dépassent le million de litres, soit l’équivalent de 100 à 125 vaches selon les performances laitières du troupeau. Le plus grand quota est de 1,8 million de litres.
Ces quotas importants sont le résultat d’une réunion de deux à cinq producteurs dans un groupement de producteurs, ce que la Wallonie a favorisé. Ces groupements permettent notamment une meilleure qualité de vie à ses membres via un partage du travail et une force de négociation plus grande vis-à-vis des acheteurs.
En Wallonie, les règles environnementales – dont le programme de gestion durable de l’azote, mais aussi les conditions liées aux permis d’environnement – obligent les producteurs laitiers à respecter un taux de liaison au sol, des normes de volume de stockage des effluents d’élevage et des normes de bruits et d’odeurs. Ces obligations diverses rendent peu probable l’introduction de demandes pour des projets comme celui de Picardie.
La Wallonie continue de miser sur la qualité de ses produits, issus de fermes majoritairement familiales, et à encourager les producteurs s’inscrivant dans cette voie, via les critères pour les aides aux investissements, mais aussi par une politique de valorisation des produits de qualité différenciée.

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A propos Savine Moucheron

Fille et petite-fille de Montois, je suis ce qu'on appelle une « Montois cayaux ». Ma famille est investie de longue date dans le folklore montois et se transmet de génération en génération ce goût de la tradition. Il y a 12 ans, dans la continuité de mes engagements dans le monde associatif depuis toute petite, je me suis lancé un défi: la politique! Lors des élections de 2006, vous m’avez élue Conseillère Communale et je suis devenue chef de groupe du cdH montois. Bien que dans l’opposition, ce siège m'offre la possibilité d'intervenir concrètement en faveur de l'amélioration de la qualité de vie des Montois même si nous ne sommes pas toujours entendus ! Il me permet ainsi de jouer les garde-fous par rapport aux desseins d'une majorité dont nous avons souvent mis en avant la démesure et l'inadéquation. Il me permet également de devenir le porte-parole de citoyens désappointés par la politique locale en matière de culture, de propreté, d'emploi, de logement, d'éducation ou de mobilité. Depuis décembre dernier je suis devenue Députée Wallonne. Cette fonction m’offre un levier supplémentaire pour relayer et défendre les priorités que nous partageons. Maman de trois enfants, j'ai aussi choisi de m'investir au cdH parce que que mon parti a réellement mis le doigt sur le véritable enjeu de notre société : vous et moi, en tant qu'individus ! Le cdH est en avance sur son temps et a définitivement laissé derrière lui les vieux combats. Au cdH, chacun a sa place: une maman, un indépendant, un allocataire social, un PDG, un enseignant, un fonctionnaire, un immigré, un enfant,... Le projet de l'humanisme démocratique est généreux et responsable ! Ses deux piliers fondateurs sont mes valeurs: Solidarité et Responsabilité.
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